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mardi, 29 novembre 2022
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L’école numérique: quelques éléments de réflexion

Par Faouzia Charfi

« Notre cerveau possède, dès la naissance, un talent  que les meilleurs logiciels d’intelligence artificielle ne parviennent pas encore à imiter : la faculté d’apprendre ».   

Stanislas Dehaene[1] 

Le formidable développement du numérique a bouleversé notre vie quotidienne, notre mode de communication, le fonctionnement des entreprises. C’est une révolution qui touche également l’éducation et qui a bousculé la place traditionnelle de l’école, celle de producteur privilégié des connaissances, et qui a modifié le rapport entre élèves et enseignants. Ne pas prendre en compte la révolution numérique et se positionner dans le déni des changements opérés dans la transmission des connaissances constituent un handicap pour les générations à venir. Le numérique offre de nouveaux outils à déployer pour l’enseignement dont l’école tunisienne ne doit pas se priver. Il faut donc se pencher sur les potentialités du numérique qui offrent un savoir continuellement réactualisé et toujours prêt au partage. Cependant, il faut également s’inquiéter de son caractère intrusif et de ses capacités quasiment illimitées. Si le numérique présente une facette pleine de promesses pour un accès au savoir facilité, il constitue aussi un redoutable outil du fait des dérives déjà présentes telles que les biais introduits dans les algorithmes, l’absence de neutralité des données, l’utilisation des données personnelles.

Mais, l’outil numérique existe et il est aujourd’hui incontournable. Comment l’intégrer à l’école ? Comment repenser l’institution scolaire dans le monde contemporain ? La tâche est complexe et implique la participation de compétences du monde de l’éducation et de la santé, ainsi que celle des chercheurs notamment dans le domaine des neurosciences. De nombreuses études ont été réalisées sur l’impact du numérique sur l’école et leurs conclusions gagnent à être connues pour réussir l’école numérique. Elles ne concluent pas toutes sur un bilan positif de l’application du numérique à l’école et le miracle attendu de son utilisation sur l’amélioration des performances des élèves et de la disparition ou du moins d’une diminution des inégalités sociales. Le point fondamental à propos duquel toutes les études s’accordent est celui de la priorité du projet éducatif : le projet éducatif prime sur la mise en place du numérique. Toute proposition sur l’école numérique implique donc en premier lieu des propositions sur le projet éducatif. J’adopterai cette priorité et je commencerai par quelques réflexions et propositions sur l’école avant d’aborder l’apport du numérique dans les apprentissages ainsi que ses limites. Ces éléments de réflexion ne concerneront pas la question importante de la formation des enseignants compte tenu de la révolution numérique ni celle de la révision des programmes d’enseignement. Ils constituent une première porte d’entrée pour repenser l’école tunisienne.

Le rôle de l’école : instruction et éducation

Le rôle de l’école est fondamental et irremplaçable car c’est elle qui va donner aux élèves les fondements de base de leurs connaissances, «contribuer à promouvoir leur personnalité, à développer leurs potentialités, à favoriser en eux la formation de l’esprit critique, de sorte que, peu à peu, leur soient inculqués la rationalité et la modération du jugement, le comportement empreint de confiance en soi, l’esprit d’initiative et la créativité dans le travail » (article.1-alinéa 7 de la loi du 29 juillet 1991). L’enfant est au cœur du système éducatif qui, comme le précise la loi de 1991, a la double mission d’instruction et d’éducation. L’instruction a pour but la transmission des savoirs et des connaissances, à commencer par les savoirs fondamentaux, lire, écrire et compter. L’éducation est l’apprentissage de la vie, le comportement en société, c’est la formation du citoyen, conscient de ses droits et de ses devoirs, respectueux de l’autre et ne manifestant aucune forme de discrimination. Ce rôle d’éducation est celui de la famille mais aussi celui de l’école.

L’école tunisienne est aujourd’hui en crise et ce constat est partagé par beaucoup. Les performances de l’école tunisienne sont bien éloignées des objectifs espérés, qu’il s’agisse de l’instruction des élèves et de leur éducation.  Le système éducatif tunisien (école, collège, lycée) pèche par plusieurs aspects. Il ne sera pas question dans le cadre de ces éléments de réflexion de donner l’état des lieux en termes statistiques ni d’en présenter toutes les défaillances. Je me limiterai à mettre l’accent sur des points fondamentaux qui doivent être pris en compte dès que possible.

Tout d’abord, l’école tunisienne déstabilise beaucoup d’enfants et leur fait perdre confiance en eux. Elle juge l’élève plutôt que d’assurer sa formation et de le préparer aux changements du monde. Le système éducatif tunisien s’acharne à demander à l’élève de restituer des cours à l’identique par le processus répétitif de mémorisation. En conséquence, elle bloque sa créativité et ne favorise pas ses capacités d’adaptation aux rapides mutations de l’époque actuelle. Il faut ajouter que l’école tunisienne est en décalage total avec le monde d’aujourd’hui. Les programmes n’ont pas subi de révisions sérieuses depuis une vingtaine d’année. Précisons que modification ne signifie pas suppression de l’enseignement de certains cours fondamentaux. On peut ainsi réagir à des réductions de programmes révélateurs d’une politique rétrograde plutôt que progressiste. Je citerai deux exemples. Le premier concerne la réforme de l’éducation de 2002, conçue en partie pour réduire certains aspects jugés trop modernes de la réforme de 1991 : l’une des décisions significatives est la réduction de l’enseignement de l’évolution biologique pour la section Sciences de la vie et de la Terre et sa suppression pour les autres futurs bacheliers, en particulier ceux de la section Mathématiques. Une suppression passée inaperçue. Le deuxième exemple est plus récent : en décembre 2020, le ministère de l’éducation allège les programmes scolaires à cause des contraintes liées à la crise du Covid 19 et retire du programme du baccalauréat les cours sur « Rissalat al-Ghufran » (L’épitre du pardon), chef d’oeuvre d’Abu Ala al-Maari. Ces deux exemples traduisent le retour de la tradition et l’intrusion du politique dans l’éducation dans un objectif idéologique, instrument redoutable conduisant au formatage des enfants. C’est une dérive dangereuse que j’ai déjà condamnée à plusieurs occasions[2].

Repenser l’institution éducative avec l’apport des neurosciences

Il y a urgence à repenser l’institution éducative pour qu’elle soit un lieu d’épanouissement pour les élèves, un lieu d’acquisition et d’usage du savoir, intégrant les nouvelles données -mondialisation, communication, complexité – et assurant l’adaptation aux changements, la capacité de création et d’anticipation, et enfin, un lieu d’exercice de la citoyenneté, impliquant la culture de l’individu libre, « jaloux » de ses droits et respectueux de l’autre, conscient de l’importance de la solidarité, responsable du présent et du futur de son pays ainsi que celui de la planète dont le développement durable est le seul nécessaire.

Dans le cadre de la réflexion sur l’éducation, il faudrait accorder une importance particulière aux premières années de la vie et prendre au sérieux les potentialités de l’enfant. C’est ce que préconisent les chercheurs en neurosciences. J’ai cité en exergue l’un d’eux, Stanislas Dehaene[3], qui explique que dans les toutes premières années de la vie, ce sont des milliards de synapses qui se font et se défont chaque jour, rendant le cerveau particulièrement réceptif à certains apprentissages dont l’immersion dans une langue étrangère. Il faut donc profiter de cette période sensible pour l’apprentissage d’une seconde langue et tenir compte du fait que la plasticité du cerveau se prolonge au moins jusqu’à l’adolescence.

Il faut également profiter de cette plasticité du cerveau de l’enfant pour lui fournir dès le plus jeune âge un environnement enrichi : des jeux de mots ou de construction, des défis, des réponses à ses questions avec un vocabulaire élaboré, des explications sur le monde qui nous entoure. C’est en parlant au tout jeune enfant avec sérieux (et non avec un langage appauvri et supposé adapté aux petits comme le font souvent les familles tunisiennes) que la croissance du cerveau est maximisée et que sa plasticité est préservée le plus longtemps possible.

Parler avec sérieux à l’enfant ne signifie pas qu’il faille oublier le plaisir que l’enfant ressent lorsqu’il est récompensé pour son effort. Plaider pour que l’école soit un plaisir ne signifie pas que c’est une école où l’effort est absent. Tous les apprentissages, lire, faire des mathématiques, jouer d’un instrument de musique…, exigent de longs mois voire des années d’apprentissage. La culture de l’effort doit être transmise à l’enfant : rien ne s’acquiert sans effort même pour les plus doués.

Dans le long chemin de l’apprentissage, l’erreur est présente, elle est même la condition de l’apprentissage, elle permet d’avancer car « pour mettre à jour nos modèles mentaux, nos aires cérébrales doivent échanger des messages d’erreur[4] ». Il ne faut pas considérer l’erreur comme un critère disqualifiant l’enfant mais il faut le corriger rapidement. Ce retour sur l’erreur fait progresser l’enfant alors que la sanction, prononcée comme seule réponse, va inhiber les capacités de l’enfant. Il est donc important de changer le mode de fonctionnement de l’école tunisienne qui, comme je l’ai souligné plus haut, juge l’élève plutôt que de le former. Une réflexion approfondie doit être menée sur le mode d’évaluation des performances des élèves.

Retenons des recherches des neurosciences des conclusions qui peuvent être exploitées pour l’école tunisienne, y compris ce qui est appelé le préscolaire : profiter de la réceptivité et de la plasticité du cerveau particulièrement grande jusqu’à l’adolescence, pour bien assurer les fondamentaux -lire, écrire, compter-, favoriser la pratique des langues, susciter la curiosité de l’enfant et son intelligence, développer la culture de l’effort et mettre à profit l’erreur pour le faire progresser et non pour le pénaliser, l’inciter à participer en classe et le convaincre que c’est en s’exerçant continuellement que les connaissances sont consolidées. Les sciences cognitives devraient être mieux connues pour la mise en œuvre d’une nouvelle conception de l’évaluation des élèves. Ces rapides conclusions devront être complétées par une réflexion approfondie sur la formation des enseignants qui pourrait tirer un grand apport des sciences cognitives, une question importante à débattre, mais qui sort du cadre de ce propos.

Le numérique à l’école, un atout à saisir avec lucidité

La Tunisie ne peut pas rester en deçà des changements profonds du monde liés aux technologies numériques. Les données relatives au taux d’intégration des ordinateurs montrent qu’il y a déjà une volonté d’intégrer le numérique et que l’outil numérique est devenu un objet familier : en 2019, 51,5 % des ménages sont connectés à Internet et 52,1% sont équipés d’ordinateur contre respectivement 11,4% et 19,1% en 2010 (données du Ministère des technologies, de la communication et de l’économie numérique). Une nouvelle étape doit être franchie : exploiter le numérique à l’école comme l’ont fait tous les pays avancés. Repenser l’école en vue de la faire entrer dans l’ère du numérique ne se réduit pas à la simple utilisation d’internet pour l’envoi de résumés de cours ou de corrections de devoirs. Le numérique a changé le rapport au savoir en offrant avec une grande facilité l’accès à des savoirs réactualisés en permanence à l’opposé de certains manuels aux contenus désuets.

Engager une nouvelle politique de l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans les institutions éducatives tunisiennes implique que l’on tienne compte des résultats les plus pertinents relatifs aux expériences déjà réalisées dans le monde. L’étude de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) intitulée « Connectés pour apprendre ? Les élèves et les nouvelles technologies », publiée en 2015 et portant sur les résultats des élèves de 15 ans de 34 pays membres de l’OCDE est édifiante. L’utilisation des TIC en classe se traduit par un résultat mitigé sur la performance des élèves. L’enquête PISA[5] (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) sur laquelle s’appuie l’étude de l’OCDE montre qu’aucune amélioration notable des résultats des élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences n’a été observée dans les pays ayant consacré des investissements importants dans les TIC dans les domaines de l’éducation. L’étude de l’OCDE met l’accent sur la complexité des connexions entre élèves, nouvelles technologies et apprentissage, sur le fait que les technologies numériques évoluent et ne sont pas données une fois pour toutes. Il y a lieu de poursuivre les voies possibles pour une utilisation optimum des TIC dans le domaine de l’enseignement et d’améliorer la qualité globale des logiciels éducatifs. Car, comme je l’ai souligné plus haut, le numérique –ordinateur et internet- est incontournable aujourd’hui et les enfants qui n’auront pas eu suffisamment tôt une formation intégrant l’environnement numérique resteront à la marge de la vie économique, sociale et culturelle.

 Les compétences fondamentales dans l’environnement numérique

Le monde numérique fait appel à la lecture et l’écriture, compétences fondamentales acquises à l’école. Ces dernières doivent être parfaitement maîtrisées dans l’environnement numérique. En effet, la lecture en ligne fait appel à des capacités nouvelles, celles de savoir naviguer entre différentes pages et de pouvoir discerner les sources pertinentes. Savoir tirer profit des bénéfices des technologies numériques est un atout dans le monde actuel. Cela implique l’excellente maîtrise des fondamentaux (lire et écrire) ainsi qu’un niveau appréciable de compétences pour la résolution des problèmes. L’auteur du célèbre ouvrage sur Les communautés virtuelles, Howard Rheingold, résume clairement l’enjeu : « La nouvelle fracture numérique n’est pas entre ceux qui peuvent s’offrir les machines et les services et ceux qui ne le peuvent pas, mais entre ceux qui savent les utiliser à leur avantage et ceux qui sont victimes de la surinformation. Ce n’est pas un problème entre ceux qui « possèdent » et les autres, mais entre ceux qui «savent» et les autres. »

Equité et fracture numérique

La réflexion sur l’école tunisienne passe par l’objectif de l’équité dans l’éducation. Dans le monde contemporain, un des obstacles majeurs à l’équité est la fracture numérique. La première fracture numérique est d’ordre matériel, c’est l’accès à l’ordinateur. La seconde fracture numérique est peut-être plus difficile à réduire. Elle concerne l’écart entre les enfants de milieux défavorisés socio-économiquement et ceux des milieux favorisés (culturellement et économiquement) dans leur capacité à utiliser le numérique à des fins d’apprentissage. Le numérique ne réduit pas cet écart qui était déjà constaté entre ces deux groupes d’élèves par rapport à leurs compétences académiques plus traditionnelles. Ce constat met l’accent sur l’importance de l’environnement sur l’épanouissement de l’enfant et la réalisation de son potentiel d’apprentissage.

Garantir l’équité dans l’éducation ne se réduit donc pas à l’appui financier pour l’acquisition d’ordinateur et l’accès à l’internet. Cela passe toujours par la même exigence, celle de garantir à chaque enfant la maîtrise de l’écrit et d’un niveau appréciable en mathématiques, qui va permettre la réalisation de l’objectif de l’égalité des chances dans l’environnement numérique. On revient donc aux fondamentaux, aux bases solides qui assurent le développement de l’enfant. Ce n’est pas le numérique qui est la clef de sa réussite, c’est la formation de qualité acquise qui lui permettra d’évoluer dans les environnements numériques en constante évolution.

Un enseignement de qualité

Les enseignants peuvent utilement exploiter le numérique à l’école, tant pour l’exploitation de données, de sources actuelles ou de documents historiques, que pour le bénéfice d’un travail en collaboration avec d’autres enseignants de la même discipline ou de spécialités différentes. Les technologies numériques peuvent constituer un atout supplémentaire pour l’enseignement mais il faut savoir ce qu’elles peuvent apporter. Elles permettent d’optimiser un cours de qualité mais elles ne peuvent en aucun cas améliorer un enseignement médiocre.

L’outil numérique peut développer l’intérêt des élèves pour l’apprentissage d’une langue étrangère en améliorant les performances à l’oral -comme le font les laboratoires de langues-, ainsi que les performances d’expression écrite par exemple à travers des échanges dans la langue étrangère avec des groupes d’élèves d’autres écoles y compris celles de pays différents. Ces échanges seront cadrés par l’institution scolaire et peuvent concerner des sujets d’actualité (par exemple autour de l’environnement, du climat, des nouveautés technologiques…) ou des questions d’histoire (par exemple sur des sites archéologiques), constituant ainsi un enrichissement de la culture des élèves et une ouverture sur le monde.

L’utilisation des technologies numériques peut aider à l’apprentissage des sciences donnant un accès rapide aux informations les plus récentes et permettant la mise en forme de données et de modélisation. Précisons que ces potentialités ne signifient pas que tout élève pourra profiter de ces informations et construire un savoir scientifique à partir de ces sources numériques. Elles ne se substituent pas à l’analyse des données, la compréhension des phénomènes et si possible leur étude expérimentale en laboratoire. Bien maîtrisées, les technologies numériques permettent de faciliter l’analyse des données et les conclusions qui résultent de cette analyse et constituent un début d’ouverture sur le monde de la recherche en sciences.

Pour terminer ce propos sur le numérique à l’école, je soulignerai le fait que mettre à profit les nouvelles technologies suppose deux exigences : celle de la consolidation pour tous les enfants des fondamentaux, une constante de l’éducation, et celle d’une grande créativité. La difficulté réside dans l’apparente contradiction entre permanence et nouveauté. C’est un défi à relever.

 [1] Stanislas Dehaene, Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines, Editions Odile Jacob, Paris 2018.

[2] En particulier dans La science voilée (Ed. Odile Jacob 2013) et Sacrées questions (Ed. Odile Jacob 2017).

[3] Stanislas Dehaene, Op. cit. : Treize maximes pour l’épanouissement des enfants, p.313-318, dont est inspirée cette partie sur les recommandations relatives à l’apprentissage au cours des premières années de la vie.

[4] Ibid. p.313.

[5] La Tunisie est classée parmi les derniers aux enquêtes PISA de 2012 et 2015. Elle n’a pas participé à celle de 2018, consciente des faibles performances des élèves.

Faouzia Charfi
Physicienne | Plus de publications

Docteur d’Etat en Sciences physiques, professeur à l’Université de Tunis.

Directrice de l’Institut Préparatoire aux Etudes Scientifiques et Techniques (1995-2001) ; fondatrice de la première équipe de recherches de physique des semiconducteurs en Tunisie.

membre du Comité de création de la Cité des Sciences de Tunis. Secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur dans le gouvernement provisoire après la révolution de 2011.

Auteure de « La science voilée » et « Sacrées questions… Pour un islam d’aujourd’hui » (Odile Jacob, 2013 et 2017).

Faouzia Charfi
Docteur d’Etat en Sciences physiques, professeur à l’Université de Tunis. Directrice de l’Institut Préparatoire aux Etudes Scientifiques et Techniques (1995-2001) ; fondatrice de la première équipe de recherches de physique des semiconducteurs en Tunisie. membre du Comité de création de la Cité des Sciences de Tunis. Secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur dans le gouvernement provisoire après la révolution de 2011. Auteure de « La science voilée » et « Sacrées questions… Pour un islam d’aujourd’hui » (Odile Jacob, 2013 et 2017).